Chrétiens et juifs, ... des amis !

Le site de l'association COEUR: Comité OEcuménique d'Unité chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif.

Pourquoi la paix est-elle si difficile ici?  
par Yehuda Waksman
(paru dans Yerushalaim n°25 - Mars 2001)
 

  Nous avons fait connaissance avec Monsieur Yehuda WAKSMAN en 1994, dans des circonstances tragiques: sa famille a été le centre d'une attention soutenue de la majorité de la population d'Israël, car son fils, Nachon, a été enlevé par des membres de la résistance palestinienne , le mouvement Hamas, séquestré, puis tué lors d'une tentative de libération par l'armée israélienne.

La prise en otage de Nachon avait tellement bouleversé la population israélienne qu'une multitude de personnes avaient pris part au drame que vivait cette famille, ce qui la projeta alors au premier plan de l'actualité. Par la suite, M.Waksman et son épouse furent remarqués pour leur attitude très digne dans le deuil qui les frappait et leur engagement dans une recherche d'une solution au conflit, allant jusqu'à rencontrer publiquement le père du jeune palestinien auteur de l'enlèvement et tué lui aussi au cours de l'affaire.

Nous sommes heureux d'avoir pu garder un contact amical avec M. et Me Waksman que nous rencontrons lors de chacun de nos voyages de Kippour. Nos lecteurs retrouveront leurs interventions  dans nos numéros 4 , 8 , 13 et 18. En Octobre 2000, nous l'avions donc aussi invité à nous apporter son témoignage sur la situation en Israël.

Nos lecteurs constateront combien l'évolution de cette situation est ressentie douloureusement: le changement de ton des déclarations nous montre combien la situation est dramatiquement évaluée par la population israélienne. L’espoir fait place à une sombre inquiétude.

 

  

C'est une histoire bien ancienne entre les Israéliens en les Palestiniens. Cela a commencé il y a cent cinquante ans, quand les juifs ont commencé à revenir de l'exil sur la terre d'Israël.

Dès leur arrivée ici, il y a cent cinquante ans, les nouveaux arrivants juifs ont commencé à acheter des terres appartenant aux arabes. Et les arabes vendaient volontiers leurs terres car ils ne voyaient rien de menaçant, le nombre de juifs étant à ce moment-là peu important.

Mais, il y a soixante ans, il y avait déjà environ six cent mille juifs arrivés ici au cours des quatre-vingt dix années précédentes. Puis, immédiatement après la Shoah, comme aucun état d'Europe n'a voulu accueillir les réfugiés, des centaines de milliers de survivants sont arrivés d'Europe sur cette terre.

 

A la fin de leur mandat, les Britanniques quittèrent la terre d'Israël, la laissant comme objet de lutte entre arabes et juifs. En 1948, l'ONU a décidé le partage des terres entre les deux populations, mais les Arabes n'ont pas accepté cette décision: alors, Irak, Iran, Egypte, Jordanie, Syrie, se sont unis pour attaquer le nouvel état juif, qui n'était même pas encore né dans sa substance politique, qui n'existait encore qu’en théorie, par une décision de l'ONU. Et malgré cela, ce fut immédiatement la guerre.

Alors les Juifs se sont défendus: nombreux furent ceux qui, étant juste sauvés de la Shoah et à peine débarqués du bateau, ont reçu des armes, sont partis au combat contre les arabes, et y sont morts ! Venant d’échapper à la Shoah, ils sont morts en défendant le jeune état d'Israël. Bien souvent, nous ne connaissons même pas leurs noms !

Ce combat a fait aussi beaucoup de victimes parmi les habitants arabes: beaucoup sont morts, mais nombreux surtout furent ceux qui ont tout abandonné, sont partis et ont donc ainsi perdu leurs terres. Le résultat de cette première guerre, fut que l'Etat d'Israël se retrouva avec plus de territoires libérés que ceux qui lui avaient été attribués par l'ONU, lors de la déclaration de 1947. De plus, l'Etat de Palestine prévu par l’ONU ne fut pas fondé car la plupart des Palestiniens s'étaient enfuis de leurs terres lesquelles furent alors été prises par le nouvel Etat d'Israël. Cependant, il y eut des arabes qui ne se sont pas enfuis mais sont restés avec nous, sur leurs terres; on les appelle "les arabes israéliens". Tandis que ceux qui se sont enfuis, on les appelle "les réfugiés". Jusqu'à maintenant,  la plupart d'entre eux sont restés dans des camps de réfugiés, car on n'a pas trouvé de solution pour eux: même les pays arabes où ils se trouvent, comme le Liban, la  Syrie, la Jordanie, n'ont pas trouvé de solution pour eux. Certains ont émigré aux Etats-Unis ou au Canada puis, ils ont voulu revenir ici, sur la terre où ils avaient habité pendant des centaines d'années. Et leur désir est compréhensible: ils veulent récupérer leurs terres. Mais l'Etat d'Israël existe depuis lors et ne peut plus renoncer à ces territoires.

 

Dans les années cinquante, les Palestiniens ont fondé un mouvement qui s'appelle O.L.P. pour reconquérir les terres qui avaient été prises par les Juifs en 1948. Cette organisation fut à l'origine de nombreuses actions terroristes contre les citoyens israéliens et contre l'armée. Puis, en 1967, il y eut une autre guerre: les pays arabes avaient décidé d'aider les Palestiniens à récupérer leurs terres. De nouveau, l'Egypte, la Syrie, la Jordanie, et aussi les forces réunies de l'Irak et de l'Iran ont attaqué l'Etat d'Israël dans l'espoir que, cette fois-ci, ils réussiraient à reprendre tout le territoire, y compris celui que l'O.N.U. avait attribué à Israël en 1948. Israël s'est donc à nouveau défendu et ont finalement pris le contrôle d'autres territoires, la Cisjordanie sur la Jordanie, le Sinaï sur l'Egypte et le Golan sur la Syrie. A partir de ce moment, les revendications vis-à-vis d'Israël ont grandi encore. Après 1967, se sont déroulés des pourparlers qui ont abouti à rendre le Sinaï à l'Egypte en 1977, selon la frontière de 1948. De même, nous avons voulu rendre le terrain à la Syrie, mais le président Hassad a voulu cinquante mètres de plus, pour avoir accès à l'eau du lac de Tibériade, et c'est pourquoi aucun accord n’a pu aboutir.

 

En 1993, nous avons signé à Oslo un accord de paix avec les Palestiniens. Il était convenu qu'ils recevraient les territoires pris par Israël à la Jordanie en 1967. Le Premier Ministre Itzhak Rabin et le Président de l'Autorité Palestinienne Yasser Arafat se sont serré la main, ont signé le traité, et se sont engagés à trouver par la suite un arrangement sur les autres questions: c’est ainsi que ceux qui habitaient avant 1948 des territoires sur lesquels ils ne pouvaient pas revenir, pourraient habiter des territoires en-deçà du Jourdain, rendus à la Jordanie après 1967. Le roi Hussein renoncait à les reprendre et les donnait aux Palestiniens. Il faut ajouter qu'entre 1967 et 1993, sur les terres prises par Israël à la Jordanie, il y eut des juifs qui se sont installés et qui ne veulent plus en partir. Il s'agit en Judée et Samarie des 'implantations dans les villes de Kalkilia, Naplouse, Hébron, etc. En ce qui concerne l'Egypte enfin, les territoires pris par Israël en 1967, et ensuite transférés aux Palestiniens par ces accords, c'est la Bande de Gaza.

 

De 1993 jusqu'à aujourd'hui, les pourparlers avec les Palestiniens continuent pour qu'ils récupèrent la Judée et la Samarie: Israël essaie de réduire les implantations juives et de les ramener à 4% de l'ensemble de ce territoire.

 

Il reste le grand problème de Jérusalem, car Israël ne veut pas rendre ce territoire qu'il a conquis en 1967: il s'agit de l'emplacement du Mont du Temple, du Mur Occidental, et de la Vieille Ville. Dans les accords de "Camp David",  le Ehud Barak était disposé à rendre tous les quartiers arabes de Jérusalem et cette partie de la ville serait alors la capitale de la Palestine. Mais le Mont du Temple, le Mur Occidental et le quartier juif de la Vieille Ville devaient rester entre les mains d'Israël. Les Palestiniens par contre avec Yasser Arafat veulent revenir aux frontières établies en 1948, tant pour Jérusalem que pour les 4% de terrains israéliens de Judée et Samarie.

 

Celui qui est allé le plus loin dans le processus de donner les terres aux Palestiniens, c'est le Premier Ministre Ehud Barak. Il ne peut pas aller plus loin dans les concessions, et même pour cela, il risque de se faire assassiner comme son prédécesseur, Itzak Rabin. Yasser Arafat, quant à lui, ne peut pas non plus accepter les propositions actuelles car il vit aussi sous la menace: selon les sondages faits au sein des Palestiniens, 30% sont d'accord pour faire la paix avec Israël selon les frontières de 1948, et 70% pensent que la paix n'est possible que si les Juifs quittent toutes les terres qui appartenaient aux arabes avant 1948, ce qui représenterait Tel Aviv, Yafo, Haifa et tout Jérusalem d'aujourd'hui ! Ainsi, Yasser Arafat ne peut pas trouver de compromis: même s'il se contente de l'accord des 30% , et Israël de son côté ne renoncera jamais au Mont du Temple, au Quartier juif de la Vielle Ville et au 4% des territoires de Judée et Samarie.

 

Nous sommes en présence de revendications impossibles: il n'y a pas de compromis possible. Et c'est pourquoi beaucoup de sang sera encore versé. Il faut peut-être que, des deux côtés, on arrive à un tel état d'épuisement qu'on accepte de changer les revendications. On comprendra en ce moment-là que la vie humaine vaut plus que les pierres. On arrivera peut-être à admettre que la vie humaine vaut plus grande que l'héritage et que la tradition selon laquelle il faut absolument revenir habiter dans la maison de ses pères. Mais maintenant, on en est arrivé à l'étape des tirs, car Arafat n'a plus d'autre solution que la lutte ouverte contre Israël.

 

Du côté israélien, on a aussi fait un sondage. 55% de la population souhaite vivement la fin de ce conflit et est d'accord avec la politique de Ehud Barak, pourvu qu’on soit assuré qu’on ne reviendra plus ultérieurement sur ce sujet. Mais si la condition n'est pas la fin du conflit, il n'y a que 20% qui est d'accord avec ce qu'il propose. Pour les 45% qui ne sont pas d'accord avec les propositions de Barak, il y a notamment ceux qui ne sont pas d'accord pour rendre aux Palestiniens les quartiers aux alentours de la Vieille Ville où ils habitent, car ils prétendent que cela représenterait un réel danger pour les habitants juifs de la Vieille Ville. De plus, au sein de ces 45%, il y en a 20% qui veut la Terre d'Israël telle qu'elle existait au temps des rois David et Salomon. Ce sont des religieux extrêmistes: ils disent que les Juifs sont revenus sur leur terre après deux mille ans, qu'ils ont lutté et triomphé dans des guerres que les arabes ont déclarées contre eux, que c'est Dieu qui a donné ces terres aux Juifs et donc qu'elles nous appartiennent, à nous seuls. Ce serait un péché de donner aux arabes ces terres que les Juifs ont habité pendant des milliers d'années ! C'est pour cela que Itzhak Rabin a été assassiné: son assassin est un juif religieux qui fait partie du mouvement contre toute concession.

 

Sur les 45% d’Israéliens qui ne sont pas d'accord avec la politique d'Ehud Barak, il y en a donc 20% qui ne veulent faire aucune concession envers les arabes. Les 25% qui restent disent que, même si le gouvernement d'Israël rendait aux Palestiniens ce qu'il est prêt à rendre, on ne peut être sûr que cela amènera à la fin du conflit. Et pourquoi ce manque de confiance? A cause de l'éducation qui est donnée aux enfants palestiniens dans les écoles qui sont sous l'Autorité Palestinienne. Leurs livres scolaires sont remplis de haine contre Israël. Dans ces livres scolaires, pour toutes les classes, on appelle les enfants à être des saints, c'est-à-dire des martyrs, de se sacrifier pour la Rédemption (le rachat) des terres que le sionisme leur a volées. Alors si le contenu de l'éducation palestinienne est cet idéal, cela dément le contenu des accords d'Oslo qui parlent de concessions mutuelles et du renoncement à ces mêmes terres. Ces 25% disent que la vérité n'est pas dans les accords internationaux, mais dans les livres scolaires.

 

Le père du jeune terroriste palestinien du mouvement Hamas qui a assassiné mon fils Nahchon, faisait partie des Palestiniens prêts au compromis afin d'arrêter l’effusion de sang et d'arriver à la fin du conflit. Il a exprimé sa gêne par rapport à l'enseignement proposé dans les livres scolaires dans les territoires. Mais il a reconnu que son fils pensait autrement. Aujourd'hui, on peut dire que la génération des pères n'a plus d'influence sur la génération des fils, à cause de ce qu'ils apprennent à l'école. L'éducation palestinienne appelle à la destruction de l'Etat d'Israël, et les parents qui pensent autrement ne peuvent pas changer cela, ni influencer leurs enfants dans un autre sens, car cette idéologie est trop forte. Un père ne peut dire à son fils: "Reste à la maison, ne sort pas dans la rue, c'est pour ton bien". Car son fils va lui répondre: "Tu es un lâche, un trouillard, papa, de quoi tu me parles?  J'ai appris à l'école qu'il faut sortir dans la rue pour combattre l'Etat d'Israël". Il y a même des fils qui ont tué leur propre père car il était suspect de collaboration avec Israël ! Que peut-on dire de plus? Le but principal de cette éducation et le grand idéal qui l'anime, c'est l'anéantissement et l'extermination de l'Etat d'Israël. Et la religion musulmane dans ce cas précis sert d'outil pour atteindre ce but (ndlr: le martyr a la promesse du paradis, et les responsables religieux musulmans exhortent en général à la djihad !)

 

Quant à la jeunesse israélienne et à l'éducation publique en Israël, il faut souligner deux points essentiels. D’abord, la majorité des jeunes israéliens ne se déclare pas attachée aux pratiques religieuses du judaïsme, mais estime que cela n'a rien à voir avec le fait de se reconnaitre pour juifs. Second point, dans le programme scolaire, depuis déjà plusieurs années, les jeunes reçoivent l'éducation qui les prépare à la paix avec leurs voisins arabes. Pendant toute la période scolaire, on traite de différents sujets concernant la paix, la réconciliation, la tolérance, l'amitié, la lutte contre le racisme, etc. Chaque année scolaire est consacrée à un de ces sujets dans les écoles publiques ainsi que dans une branche de l'enseignement publique religieux. Ces écoles représentent 85% de l'éducation en Israël. Dans les 15% autres, on entretient la haine à l'égard des arabes. Mais nous avons la chance que la majorité des jeunes est préparée pour le compromis, grâce au programme d'enseignement.

 

Il y a donc un véritable abîme entre ce qui est enseigné dans les écoles des territoires de l'Autorité palestinienne et ce que les politiciens déclarent en langue anglaise au monde entier. Je dis « en langue anglaise », car leurs discours en arabe, adressés au peuple, correspond à ce qui est enseigné dans leurs écoles.

Actuellement, la situation est donc devenue très grave: à un moment des pourparlers, nous avons pensé que l'Etat de Palestine pourrait se construire petit à petit (nous avons même donné des armes à l'Autorité Palestinienne !). Maintenant, 55% de la population israélienne pense qu'il faut que cet Etat se réalise, moi-même je le pense et j'estime que ce peuple mérite son Etat et ses droits et nous voulons les aider à réaliser ce projet. Mais, personnellement, je revendique partout où je peux que les livres scolaires incitant à la destruction de l'Etat d'Israël soient prohibés dans l'enseignement chez les Palestiniens, car c'est une véritable catastrophe. Il y a deux mois, de nouveaux livres viennent d'être édités, malheureusement avec le même programme de haine et les appels à la guerre contre Israël. Je pense que cette situation va se retourner contre eux-mêmes, comme l'idéologie de Hitler a détruit la jeunesse allemande: au cours de la seconde guerre mondiale: il y eut huit million et demi de soldats allemands tués au combat. Ainsi, Hitler a assassiné ses propres citoyens. Pareillement les palestiniens assassinent leurs propres enfants à travers l'éducation.

 

C'est pour cela, qu'aujourd'hui même, quand je vous parle, je ne peux pas dire qu'il y aura la paix ici dans les temps qui viennent. Peut être, arriverons-nous à une situation semblable à celle de l'Europe durant la deuxième guerre mondiale. Les Palestiniens seront amenés à l'évidence qu'ils n'auront pas Tel Aviv, Jaffa, Haifa; Acco, ni les quartiers juifs de Jérusalem, mais avant cela il y aura beaucoup de pertes de vies humaines. Alors, il surviendra un tel état de fatigue et de résignation, comme en Europe après la guerre, quand beaucoup de pays ont été aussi  obligés à renoncer à une partie de leurs terres au profit des leurs voisins, qu'ils viendront s'asseoir pour de véritables négociations de paix. Ils établiront un partage de terres selon un nouveau principe, car ils comprendront qu'il vaut mieux résoudre les problèmes par la voie de l'entente mutuelle.

 

Pour le moment, ici, nous ne sommes pas encore arrivés à cette étape de la guerre, on ne comprend pas encore assez la gravité de la continuation du conflit. Ce qui est le plus difficile à comprendre, c'est l'évidence que tout commence par l'éducation des enfants. Mais les diplomates ne prennent pas cela en considération. C'est pourquoi les accords entre les diplomates, en occurrence entre Barak et Arafat, seront obligatoirement rompus: les citoyens arabes qui ont été éduqués autrement ne pourront pas les accepter, ni les vivre. Par exemple Arafat ne peut pas accepter toutes les propositions, car il sait bien qu'il ne peut pas s'engager à les tenir. Il faudra adapter au contenu des accords diplomatiques, l'enseignement scolaire donné au peuple. Arafat ne peut pas signer un accord qui signifierait la fin du conflit après le renoncement aux certains terres, car dans les livres que les enfants palestiniens ont à l'école il est écrit que la fin du conflit arrivera quand Tel Aviv, Haifa et Jaffa seront "entre nos mains".

 

Si j'étais palestinien et que j'habitais avant 1948 à Jaffa, où ma famille habitait depuis six cent ans, j'aurais sans doute des sentiments de révolte à la seule pensée de renoncer à ces terres. Mon but serait d'y retourner. Avec sa politique Arafat soutient mon rêve. En comme enfant qui apprend à l'école, je rêve tout le temps de mon retour à Jaffa, je voie ses rues, ses arbres, ses promenades au bord de  la mer. Et j'écris des poèmes nostalgiques sur Jaffa. Exactement comme les juifs pendent deux mille ans rêvaient de leur retour à Jérusalem et priaient trois fois par jour pour cela. En tant que arabe palestinien, je ne veux pas habiter en Judée ou Samarie, mais je veux retourner à Jaffa. Alors Arafat, avec sa politique d'éducation par les livres et les images, me conduit jusqu'au don de ma vie pour que nous revenions à Jaffa.

 

Mais maintenant, en tant que juif israélien, je dis à cet arabe palestinien: "Malgré tous tes poèmes, tes chants et tes histoires sur Jaffa, tu n'y retourneras pas !" . Alors le palestinien me répond: "Mais Jaffa c'est toute ma vie! Je vais te faire la guerre et je vais te tuer pour revenir à Jaffa !". Je le comprends !

 

Nous ne sommes peut-être pas loin de la guerre. En 1967, on a pensé qu'Israël était suffisamment faible pour le combattre et il y a eu la Guerre des Six Jours; maintenant, si tous les pays arabes, Egypte, Syrie, Irak, Iran, Jordanie, arrivent à la conclusion qu'Israël est suffisamment faible en ce moment de son histoire, ils n'hésiteront pas à partir en guerre contre Israël. Sinon, ils attendront s'il le faut dans dix ans, en tous cas jusqu'au moment qu'ils jugeront favorable.

 

Car, dans la religion musulmane, il est interdit de renoncer à la terre. Si on a banni un musulman de Jaffa, il faut qu'il y revienne.

 

 

             Yehuda Waksman

Jérusalem  - octobre 2000

 

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