Chrétiens et juifs, ... des amis !

Le site de l'association COEUR: Comité OEcuménique d'Unité chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif.

 

Le Conseil Oecuménique des Eglises et le conflit israélo-arabe.

 

La réflexion qui va suivre s’appuie sur la lecture de près de 40 déclarations du Conseil Œcuménique des Eglises (COE) présentes sur son site et relatives au conflit israélo-arabe.

 

Le COE est une institution chrétienne ayant pour vocation de promouvoir des relations fraternelles entre les différentes dénominations chrétiennes que l’histoire a produites. Elle a aussi vocation à dire au monde une parole de justice et de paix, entre autres dans des circonstances tragiques, telles que les catastrophes humanitaires, les guerres, etc.

Ainsi, le COE s’est-il exprimé à maintes reprises sur le conflit israélo-arabe.

Deux éléments reviennent de façon récurrente dans les déclarations du COE sur ce conflit: la volonté d’une solution juste au conflit et le désir de dialogue et de réconciliation entre juifs, chrétiens et musulmans.

D’autres éléments relatifs à ce conflit sont également abordés. C’est sur ces aspects, principalement, que nous nous arrêterons.

En 1948, le COE a manifesté son souci des conditions des réfugiés arabes. Il appela à une solution juste pour les réfugiés et les personnes déplacées par le conflit.

Il faudra attendre 1967 pour que le COE s’exprime de nouveau sur la situation en Palestine, soit 19 ans de silence, d’après les éléments disponibles sur son site aujourd’hui. En août 1967, à nouveau le COE s’inquiète de la situation des réfugiés arabes, et appelle à une solution pragmatique, « a satisfactory solution to whole refugee problem ». Le COE manifeste aussi son souci de l’intégrité des Lieux Saints et de leur libre accès.

En 1968, les préoccupations sont les mêmes.

En 1969, une déclaration dans le même esprit est faite, évoquant la Résolution 242 de l’ONU en 1967 (des territoires contre la paix et un juste règlement des réfugiés) ainsi que le statut de Jérusalem.

En 1974, sont mentionnées pour la première fois les Eglises orthodoxes présentes en Palestine. La notion de sainteté des Lieux, de Jérusalem et de la Terre, apparaît de façon plus marquée. Elle est au cœur des déclarations de cette période (1975 et 1980). D’un souci qui était avant tout humanitaire, nous passons à une dimension plus particulièrement religieuse.

Le COE se prononce clairement contre l’annexion de Jérusalem-est par Israël. L’administration jordanienne de cette partie de la ville entre 1948 et 1967, avec en corollaire la division par deux de sa population chrétienne, n’avait à l’époque suscité aucune remarque de la part de l’institution œcuménique.

En 1983, dans le contexte de la guerre du Liban, la déclaration du COE prend une tournure plus dramatique. Le conflit est décrit comme mettant en danger la paix du monde entier. Les Lieux Saints sont plus que jamais mis en avant et la présence chrétienne en Palestine est idéalisée. C’est la première déclaration ayant un ton plutôt militant. S’il est réaffirmé le désir du respect du droit de tous les états, y compris Israël, ce dernier est pointé comme étant seul responsable des souffrances des communautés musulmanes et chrétiennes de Palestine, du fait de l’occupation de Jérusalem-est et des Territoires.

En 1988, le COE exprime le souhait que les deux peuples, israélien et palestinien, vivent dans des frontières reconnues, après qu’Israël se soit retiré des Territoires occupés.

En 1993, le COE rappelle les résolutions 242 et 338 de l’ONU et la nécessité de l’évacuation des Territoires occupés.

En 1994, la déclaration manifeste à nouveau le souci des Lieux Saints et du statut de Jérusalem, en rappelant la déclaration de 1974 qui mentionnait le rôle particulier des Eglises orthodoxes de Palestine pour ces Lieux chrétiens. Cette déclaration a lieu peu après la signature de l’Accord fondamental entre l’Etat d’Israël et le Vatican. Il est vrai que la question des Lieux Saints chrétiens, entre les Eglises à Jérusalem, n’est pas un long fleuve tranquille…

En 1995, le Secrétaire générale du COE, K Raiser, rencontre le Patriarche latin de Jérusalem, M Sabbah. La déclaration du COE évoque, entre autres, la politique israélienne pour la condamner, et la baisse de 2,3% de la population chrétienne dans les Territoires occupés en 30 ans entre 1965 et 1995 (- 2,5% en Israël).

Il est frappant, à cette occasion, qu’aucune allusion ne soit faite à la chute de 50 % de la population chrétienne dans ces mêmes Territoires, en 19 ans, entre 1948 et 1967. Etonnamment, la baisse de la population chrétienne de Palestine est imputée uniquement à l’Etat d’Israël.

En 1998, la déclaration est consacrée principalement au statut de Jérusalem. Il y est dit que ce dernier est un souci récurrent depuis 1948. Or la première mention du statut de Jérusalem dans les déclarations du COE depuis 1948, date de 1969, une fois dans la dernière phrase. A l’évidence, il s’agit pour le COE de ne voir dans les difficultés des chrétiens en Palestine et particulièrement à Jérusalem, qu’un seul est unique coupable : l’Etat d’Israël. Ce qui ne semble pas être de la plus grande objectivité.

Etrangement, le COE ignore la baisse sensible de la population chrétienne de Bethléem après que l’Autorité palestinienne ait pris le contrôle de la ville suite aux Accords d’Oslo.

La déclaration rappelle également la résolution 194 de l’ONU (1948), qui contraint l’Etat d’Israël à recevoir tous les réfugiés arabes palestiniens souhaitant revenir chez eux. Le COE ignore visiblement le caractère proprement inacceptable de cette résolution pour Israël, ce que les dirigeants pragmatiques palestiniens, comme Mahmoud Abbas ou Yasser Abed Rabbo, ont compris depuis longtemps, puisque cela signerait l’arrêt de mort de l’Etat d’Israël.

 

Le COE, lui ne partage pas ce pragmatisme.
Le COE rappelle encore la résolution 242 (1967), qui selon lui, demanderait le retrait de tous les Territoires occupés, y compris de Jérusalem (tout Jérusalem !), alors que selon cette même résolution, il s’agit d’un retrait de territoires, dans le cadre de négociations de paix.

A l’évidence, la déclaration du COE est une déclaration politique très orientée. Cela est confirmé par l’interprétation particulière des résolutions.

Selon le COE, la résolution 242 demanderait « Israeli withdrawal from all occupied territories including Jerusalem », alors que le texte de ladite résolution précise « Withdrawal of Israel armed forces from Territories occupied in the recent conflict ».

Visiblement, le COE en est resté à l’objectif d’une Jérusalem à statut spécial international, comme le prévoyait la résolution 181 de 1947, ce qui, à l’époque, n’était envisagé que comme une option temporaire.

La déclaration du COE en 1998 rappelle effectivement la résolution 181 (1947), laquelle mentionne, outre le partage de la Palestine en deux Etats, un statut spécial pour Jérusalem, résolution, rappelons-le, rejetée par les Arabes.

En 2000, les déclarations reviennent à nouveau sur la question de Jérusalem et des Lieux Saints. On peut lire : « Jerusalem, the nerve center of the conflict. » Le COE reprend à son compte l’argument éminemment religieux et conflictuel de la ville sainte disputée. Il appelle à une souveraineté partagée sur la ville, sans que l’on sache bien s’il s’agit d’une souveraineté politique ou religieuse, ou les deux à la fois, puisque en même temps, le COE appelle au retrait de l’Etat d’Israël de toute la ville.

 

Notons qu’en 2000, le COE redit son souhait qu’Israël vive dans des frontières sûres et reconnues. Les déclaration affirment encore qu’Israël est seul coupable de l’absence de paix entre les deux peuples.

En 2001, le COE s’exprime abondamment. Il rappelle son souci du statut de Jérusalem, du droit au retour des réfugiés palestiniens, il déplore les colonies de peuplement israéliennes, et demande que l’Etat d’Israël se retire des « occupied territories – the Palestinian occupied territories, the Golan Heights and Shaba’a ».

Le COE devient plus ambitieux, s’inquiétant aussi des négociations syro-israéliennes et libano-israéliennes.

Dans une autre déclaration, en 2001, le COE passe à une étape supérieure dans les revendications. Il utilise pour la première fois l’expression « occupation illégale de la Palestine ». De quelle Palestine s’agit-il ? Cela n’est pas précisé. On peut imaginer qu’il s’agit des territoires occupés depuis 1967, mais l’expression contient une ambiguïté qui ne doit pas déplaire aux militants du Hamas ou du Djihad islamique.

Cette déclaration explique très clairement que tout est de la faute de l’occupation israélienne, dans une complète ignorance de la dimension un peu plus complexe que renferme ce conflit, et dans l’occultation totale des ennemis déclarés d’Israël dans le camp arabes et de leurs actes.

En ne faisant allusion qu’à la seule « occupation illégale » comme cause de la souffrance des victimes du conflit, cette déclaration signifie que ce conflit met en présence une victime innocente absolue d’un côté et un coupable absolu de l’autre.

Le COE dénonce et lutte contre l’occupation illégale des territoires palestiniens en faisant une totale abstraction des causes arabes à cette occupation.

Toujours en 2001, le COE reprend à son compte la propagande qui a clamé que la deuxième Intifada militarisée était due à la provocation de A Sharon sur l’esplanade des mosquées. L’interprétation des événements que fait le COE n’est assurément pas neutre.

Dans son texte ‘’Regional concerns – The Palestine-Israel question’’, le COE explique que le problème des réfugiés palestiniens est le résultat du partage de la Palestine. « It later assisted Palestinian refuges displaced as a result of Partition ».

Autrement dit le COE explique que le problème des réfugiés vient du partage par l’ONU de la Palestine en deux états, l’un pour les Juifs, l’autre pour les Arabes, ce qui revient à laisser entendre que ce partage n’aurait jamais du avoir lieu. La guerre déclenchée par les armées arabes en 1948 contre Israël n’a, pour le COE, rien à voir dans le problème des réfugiés.

Le COE a sa propre interprétation de l’histoire.

Ceci l’amène à réaffirmer « the rigth of return of Palestinian refugees », ce qui consiste en la disparition de l’Etat d’Israël. Le COE ne le dit pas explicitement, mais son choix politique de résolution du conflit passe par un seul Etat entre la Méditerranée et le Jourdain, c’est à dire un Etat arabo-musulman, résultat inéluctable d’un retour massif de réfugiés arabes en Israël même.

Le 28 mars 2001, le COE s’exprime lors d’un meeting des Nations Unies sur les Droits de l’Homme. Le texte est introduit comme suit : « Oral intervention on the question of violation of human rights in the occupied Arab territories, including Palestine ».

A nouveau le COE emploie une formule pour le moins ambiguë. Il laisse entendre que les Territoires (Cisjordanie, Gaza, Jérusalem-est, Golan) ne sont pas seuls occupés et objet de violations par Israël, mais aussi toute la Palestine.

De la Méditerranée au Jourdain ? Si tel n’était pas le cas, il aurait fallu dire « including Israël. ». Cette expression laisse au minimum perplexe. La déclaration développe les violations des Droits de l’Homme par Israël, mais ne fait aucune allusion aux attentats terroristes.

2002 : L’expression « territoires arabes occupés, y compris la Palestine » est à nouveau utilisée en 2002, lors d’un meeting des Nations Unies sur les Droits de l’Homme. La déclaration contient entre autres une condamnation de l’Etat d’Israël, dans l’ignorance la plus totale du terrorisme, ainsi qu’un appel à des accompagnateurs internationaux dans le cadre d’un programme visant à mettre fin à l’occupation illégale de la Palestine : « End the illegal Occupation of Palestine ».

Dans sa "Déclaration sur la réponse œcuménique au conflit israélo-palestinien en Terre Sainte", le COE se dit préoccupé et consterné par l’escalade de la violence en Palestine, provoquant « la plus grave catastrophe humanitaire de l’histoire récente ».

Cette affirmation est …consternante. Nous n’avons pas la même perception de l’actualité internationale, ni la même notion d’histoire récente que le COE. Le Rwanda 8 ans auparavant (près d’un million de morts), la Tchétchénie (plus de 100 000 morts entre 1994 et 2000), ou encore le Soudan (guerre civile, famine en 1998), ont du échapper au COE.

 

A moins que le crime israélien ne soit au-dessus de tout pour le COE…

En 2002 encore, le COE reprend à son compte la propagande arabe, en dénonçant l’agression de l’Eglise de la Nativité par l’armée israélienne. Le COE a choisi d’ignorer la violation des Lieux Saints chrétiens par les terroristes arabes palestiniens, et de rejeter de façon mensongère l’accusation sur Israël.

En 2003, le Comité Central du COE publie une note où il réaffirme sa volonté exprimée en 2002. Cette fois le COE se dit ému des attentats suicides, de la même manière qu’il l’est des fermetures, des couvre-feu, des exécutions ‘’extra-judiciaires’’ ou encore du ‘’Mur de séparation’’, le tout exprimé dans la même phrase.

Est-ce à dire qu’un couvre-feu ou la mort d’un criminel en situation de guerre, ainsi empêché de nuire, provoque au COE la même émotion que la mort de civils dans un attentat en Israël ?

Les déclarations de 2004 portent essentiellement sur le programme EAPPI (Ecumenical Accompaniement Programme in Palestine and Israel). On y apprend que ce programme est vu comme positif par des responsables musulmans locaux et qu’il n’y a « aucun conflit » entre chrétiens et musulmans en Palestine, ceux-ci ne « formant qu’un seul peuple ».

Jamais au Proche-Orient les chrétiens n’ont été, semble-t-il, en aussi bonne harmonie avec les musulmans. Cela renforce le sentiment que tous les problèmes, de violence et d’émigration chrétienne ne viennent que du fait israélien. Ce tableau pour le moins angélique sur les relations islamo-chrétiennes, mais accablant pour les Juifs, ne paraît pas relever d’une grande objectivité.

En 2005, à côté des appels à une paix juste et durable, le COE réaffirme le droit de tous les pays de la région, y compris Israël, à vivre dans des frontières garanties, et reconnaît « la gravité et la légitimité des préoccupations sécuritaires d’Israël ».

 

Mais quelles frontières ? Tout simplement celles du cessez-le-feu de 1949 ! Comme si depuis plus de 50 ans, rien ne s’était passé…

Sur cette question, le COE n’a pas le même pragmatisme que les négociateurs des ‘’Accords de Genève’’, en particulier Y Beilin et YA Rabbo. Ceux-ci mentionnent « les lignes du 4 juillet 1967 avec des modifications réciproques », ainsi qu’une souveraineté partagée sur Jérusalem-est. Le COE, lui, en reste aux frontières soi-disant reconnues internationalement de 1949, avec une évacuation pure et simple de Jérusalem-est.

Le COE n’a pas non plus le même réalisme ni le même pragmatisme que les négociateurs de Taba en 2001. La position du COE est également fort éloignée de la lucidité de l’initiative ‘’La voix du peuple’’ de l’Israélien Ami Ayalon et du Palestinien Sari Nusseibah.

Heureusement que le COE ne s’improvise pas médiateur dans les négociations de paix israélo-palestiniennes…

Enfin, nouveauté, en 2005, le COE préconise des mesures de rétorsions économiques à l’encontre d’Israël. Ces mesures ne visent pas seulement un boycott des investissements d’entreprises travaillant dans les Territoires occupés pour le compte d’Israël (ce qui peut se comprendre), mais aussi d’entreprises participant à la construction du ‘’Mur de séparation’’. Si le tracé de ce dernier est condamnable à certains endroits, ce projet répond aussi à une nécessité de protection de la population israélienne.

Depuis 1948, en près de 40 déclarations, le COE n’aura mentionné explicitement que 4 fois les menaces des ennemis de l’Etat d’Israël :

en 1993, avec un appel à mettre fin aux attentats terroristes,

en 2002 où le terrorisme est évoqué, … uniquement comme étant un « prétexte » aux actions militaires israéliennes,

en 2003 où les attentats suicides provoquent autant d’émotion que les bouclages où les exécutions ‘’extra-judiciaires’’ de terroristes,

en 2004 pour dénoncer les meurtres de civils israéliens par des groupes armés palestiniens et les attentats suicides.

 

A l’évidence, le COE s’exprime de façon partiale sur le conflit israélo-palestinien.
Cela se traduit par une rhétorique développant une condamnation totale de l’Etat d’Israël, avec une quasi ignorance des mobiles et des actes de ses ennemis. Le COE s’exprime sans aucune prise en compte de l’histoire du conflit et des responsabilités arabes, en particulier palestiniennes, dans l’existence de ce conflit.

Aucune parole n’est dite par rapport à l’autre acteur du conflit, comme si celui-ci n’existait pas.

Entre 1994 et 2005, par exemple, le COE ignore totalement l’Autorité palestinienne, comme si elle n’existait pas, ou comme si il n’y avait strictement rien à dire par rapport à elle. Quant aux organisations terroristes…Le COE voit le conflit avec un coupable absolu d’un côté et une victime absolue de l’autre.

Le COE montre un choix de résolution politique du conflit totalement orienté, choix bien éloigné du pragmatisme de bon nombre de responsables arabes palestiniens et négociateurs des deux camps, comme nous l’avons montré.

Aussi, quel poids peuvent avoir les appels au dialogue, à la réconciliation et à la paix, que le COE, ingénu, lance de façon récurrente ?

 

Quelles explications donner à ce constat ? Deux pistes s’offrent à nous parmi d’autres.

Tout d’abord sur le plan politique. Depuis les années 1970, le conflit est interprété par certains défenseurs des Droits de l’Homme et militants tiers-mondistes comme étant le conflit concentrant les ingrédients idéologiques d’un Nord capitaliste, impérialiste, voire fasciste (Israël), contre un Sud innocent, exploité, spolié et humilié (les Palestiniens).

Assurément le COE développe cette vision du conflit et la traduit dans un soutien inconditionnel au peuple palestinien et à ses dirigeants, et dans une condamnation sans appel de l’Etat d’Israël.

La deuxième piste est davantage religieuse. La collaboration sur la question palestinienne entre les Eglises au COE donnent aux Eglises orthodoxes palestiniennes (mais aussi anglicane, luthérienne,…), qui en sont membres, une place particulière, ce qui est logique et légitime.

Or, ces Eglises sont une minorité particulièrement menacée au Proche-Orient, et dans les Territoires occupés tout spécialement. L’intégrisme musulman représente une terrible menace pour ces populations, menace qui s’exerce psychologiquement et physiquement.

Par exemple, le massacre en 1976 par les hommes d’Arafat des chrétiens libanais de Damour, dans l’indifférence générale, est resté dans les esprits, ainsi que d’autres exactions plus récentes.

Aussi ces Eglises ne peuvent-elles que s’exprimer de façon partiale dans le conflit, et taire la moindre critique vis-à-vis du camp arabo-musulman. Leur sécurité dépend d’une allégeance totale à un nationalisme arabe qui, depuis plus de 80 ans, est fondé sur une action anti-israélienne.

 

Le COE manifeste ce parti pris par le choix d’un positionnement manichéen néo-tiers-mondiste, mais également par solidarité chrétienne, parti-pris qui ne modifiera en rien la marche de l’histoire et les négociations entre les deux peuples en conflit.

Si l’on doit comprendre et partager la compassion à l’égard des chrétiens palestiniens, et leur manifester un soutien dans leur épreuve, on ne peut que déplorer la caisse de résonnance que représente le COE dans le monde, occidental en particulier.

Ce discours, véhiculé par la voix du COE et de ses collaborateurs, contribue à la propagation d’un anti-sionisme ‘’démonologique’’ qui alimente, volontairement ou non, le regain d’antisémitisme à l’œuvre dans le monde occidental. De plus, il éloigne la perspective d’un témoignage et d’un rôle crédibles du COE sur la question israélo-palestinienne.

A court terme, cet engagement partial semble (peut-être) utile aux chrétiens de Palestine.

Mais à long terme… ?

 

Jean-Daniel Chevalier © Primo Europe (mars 2005)

 

NB: Cet intéressant survol historique rédigé en 2005 vient de trouver malheureusement confirmation dans la Déclaration du COE en date du 16/19 mai 2006. Vous trouverez à son sujet notre dossier.

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