Chrétiens et Juifs, ... des amis !

Le site de l'association COEUR: Comité OEcuménique d'Unité chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif.

Ôtez les pierres ! 

Enseignement de Sœur Joéla, sœur de la Communauté des Sœurs de Marie à Darmstadt

 lors de la “Convention européenne” à Uppsala/Suède, en juillet 2005.

Paru dans Yerushalaim n°44

 

Lors d’un enseignement donné au cours de la “Convention eu­ro­péenne” de 2004, j’ai été frappée que le pasteur Ulf Ekman com­mence son message par Esaïe 40, 3-4. Il nous a exhortés à préparer le chemin du Seigneur en commençant par nos propres cœurs. Aujour­d’hui, j’aimerais aussi citer un passage d’Esaïe : 

« Franchissez, franchissez les portes ! Préparez un chemin pour le peuple ! Frayez, frayez la route, ôtez les pierres ! Élevez une bannière vers les peuples ! » (Esaïe 62,10).

 

Ce verset nous montre un autre aspect de la façon dont nous sommes appelés à préparer le chemin du Seigneur.

 À l’origine, ce passage s’adressait aux habitants de Jérusalem et les appelait à préparer le chemin pour leurs compatriotes qui revenaient de l’exil babylonien. Mais aujourd’hui, c’est à nous chrétiens que le Seigneur parle par ce passage en nous appelant à préparer le chemin pour Israël, Son peuple élu.

Les enfants du peuple élu de Dieu continuent de retourner dans leur pays en venant des quatre coins du monde, ce qui est un miracle à nos yeux. Ils y retournent physiquement, bien sûr. Mais pour que leur démarche devienne également une démarche spirituelle, il y a encore bien du travail à faire, et le Seigneur nous permet de prendre part même à ce travail. La tâche principale que le Seigneur nous confie con­siste à ôter les pierres. Ôter les pierres est un travail pénible, mais par ce travail, nous arriverons à poser un fondement spirituel solide qui nous rendra capables de nous tenir fidèlement aux côtés d’Israël dans les temps à venir. Permettez-moi de parler en particulier de trois pierres importantes que nous pourrons facilement garder à l’esprit.

La première grosse pierre à ôter : notre ignorance des souffrances du peuple élu de Dieu. 

Je suis allemande. La plus grande pierre est ce qui s’est passé dans mon propre pays, dans l’Allemagne nazie. Plus j’essaie de faire face à ce qui a eu lieu et d’en saisir l’importance, plus cette pierre devient grosse et lourde. La plupart d’entre vous objecteront peut-être : « Dieu soit loué, cette pierre-là n’est pas mon problème ; je n’ai jamais été impliqué dans ces événements. » Cependant, celui qui désire aimer le Seigneur et Son peuple doit faire face à la manière dont nous avons tous, à des degrés divers, contribué au poids énorme de cette pierre-là.

 

Peut-être puis-je expliquer cela par un témoignage personnel. Bien que cela fût très inhabituel dans l’Allemagne des années d’après- guerre, j’ai eu l’occasion, déjà très jeune, de voir un film documentaire sur les atrocités commises sous le régime d’Hitler. Je n’oublierai ja­mais ces images et, depuis lors, je n’ai cessé d’avoir honte d’être alle­mande. Il me semblait insupportable de devoir faire face aux souf­frances que nous avions infligées aux Juifs et à la culpabilité de mon peuple. Je voulais jouir de la vie et non pas me charger de cette histoire douloureuse. Un petit exemple tiré de mon enfance peut illustrer mon état d’esprit : ma famille avait une précieuse boîte d’argent ciselée à la main dans laquelle ma mère conservait toujours des bonbons à la fram­boise, quand elle en avait. Un tel bonbon constituait la plus grande des récompenses pour ma sœur et moi quand nous avions aidé notre mère à empiler du bois pour l’hiver. Je savais que nous avions hérité cette boîte de Tante Wolf, et j’avais entendu dire qu’elle était juive. Mais je dois confesser, à mon profond regret, que pendant de nombreuses années, je n’ai jamais posé la question de savoir ce qui était arrivé à Tante Wolf, ni même essayé de me renseigner sur sa vie. J’ai tourné mes regards de l’autre côté. Même lorsque j’étais déjà Sœur de Marie, il a fallu encore des années avant que le Seigneur ne change mon atti­tude. Voilà un exemple classique qui montre comment nous pouvons nous rendre facilement coupables ; cela prouve également que je ne suis nullement meilleure que mes compatriotes du temps d’Hitler, même si j’ai été élevée après la guerre.

La plupart des nations avaient une attitude similaire vis-à-vis des Juifs ; elles aussi ont tourné leurs regards de l’autre côté. Elles sa­vaient, mais elles prétendaient de ne pas savoir ; elles ne voulaient pas s’engager. On appelle cela la « neutralité ». Je ne veux pas minimiser la culpabilité allemande, je veux seulement montrer que nous courons tous le risque de glisser facilement dans cette même façon d’agir, sans même nous en rendre compte, et cela ne doit pas nous étonner. Cela peut se faire parce que nos cœurs sont tournés vers nos propres intérêts et, ainsi, nous passons outre, tout comme le sacrificateur et le Lévite, qui ont ignoré celui qui était tombé au milieu des brigands (voir Luc 10.30 et versets suivants).

 

Notre manque d’amour, notre indifférence, voici la première grande pierre d’achoppement pour Israël. Si nous voulons aplanir la route pour Son peuple, nous devons au moins être disposés à connaître sa douloureuse histoire. Cela signifie prendre le temps de lire, de poser des questions, d’écouter, de prier. C’est une question d’amour ; sinon nous ne serons jamais capables de préparer le chemin pour Son peuple.

 

Au cours des deux derniers millénaires, aucun peuple n’a été aussi profondément et douloureusement blessé, ni aussi constamment offensé par nous chrétiens que le peuple élu de Dieu. Seul un cœur contrit et affligé peut avoir accès au cœur des enfants de Son peuple et aider à ôter les pierres afin qu’ils puissent plus aisément reconnaître leur Messie.

La deuxième grosse pierre à ôter : notre ignorance des profondeurs abyssales du péché dans notre propre cœur. 

Quand vous entrez dans une relation personnelle avec des Juifs, vous les entendez dire parfois : «Celui-ci, c’est vraiment quelqu’un de bon ! » Ils ont subi tellement de haine que quiconque se comporte en­vers eux un peu différemment représente pour eux un rayon de lumière remarquable. Le fait qu’Auschwitz ait pu se produire dans un pays dont la plupart des citoyens étaient des chrétiens baptisés, dépasse com­plètement leur entendement. Aucun d’entre nous ne peut vraiment le com­prendre non plus, parce qu’au plus profond de nos cœurs, nous nous attendons, malgré tout, à trouver quelque chose de bon dans la nature humaine, ce qui prouve que nos pensées sont marquées par un idéalisme humaniste.

Dans Genèse 8.21, la Bible dit déjà : « Les pensées du cœur de l’homme sont mauvaises dès sa jeunesse », et dans Romains 3.12 :«Il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul ». Saint Paul dit de lui-même, dans Romains 7.18 : « Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi ». Et cela, c’est la vérité, mais beaucoup de Juifs, ainsi que de nombreux chrétiens, sont des idéalistes. C’est pourquoi nous ne voyons pas la vérité, que ce soit sur nous-mêmes ou sur les autres. Cette mentalité idéaliste nous conduit à croire que quelque chose comme Auschwitz ne pourra jamais plus se produire. En effet, je pense que cela ne se répétera pas de la même façon qu’il y a soixante ans. Mais sommes-nous vraiment convaincus que l’humanité, au cours des soixante dernières années, s’est développée en une race humaine meilleure ? J’ai plutôt l’impression du contraire, car aujourd’hui Satan est devenu généralement un compagnon très populaire, même pour les enfants.

 

Bien qu’ayant su, entendu et lu beaucoup de choses sur Au­schwitz, ma visite sur place a été une des expériences les plus bouleversantes de ma vie. Là, on fait directement face à l’essence même de la cruauté. Je voulais hurler, je ne le pouvais pas ; je voulais pleurer, je ne le pouvais pas. Jamais auparavant je ne m’étais sentie aussi impuissante et incapable de réagir que pendant ces deux jours. J’ai longuement prié, mais les cieux semblaient fermés. Pourtant, après ce premier choc, j’ai senti que le Seigneur commençait à m’expliquer quelque chose, quelque chose qu’on trouve dans le livre de prières juif, les Psaumes. Sans doute vous rappelez-vous le cri du Seigneur sur la croix : « Eli, Eli, lama sabachthani ? » (« Mon Dieu, mon Dieu, pour­quoi m’as-tu abandonné ? » Matthieu 27,46 ; Psaume 22,2). Ces paroles re­flètent la plus profonde agonie d’Auschwitz. Je me suis demandé : Si toutes les méchancetés, toutes les tortures, toutes les cruautés sadiques ou, en un mot, l’enfer, si l’enfer sur terre peut être aussi réel, ne sera-t-il pas aussi réel dans l’éternité ? Pour Jésus, l’enfer est une réalité, Il le prend au sérieux, aussi au sérieux que nos péchés. C’est pour nous sauver de l’enfer qu’Il a sacrifié Sa vie. Il nous met en garde parce qu’Il le voit comme le plus grand des dangers, non pas seulement pour le monde athée, mais pour chacun d’entre nous. Cependant, puis­que les chrétiens sont, dans leur majorité, des idéalistes, ce sujet de l’en­fer est devenu très impopulaire dans nos églises et nos assemblées, c’est un sujet tabou dans le monde chrétien. Personne ne doit en parler, sinon nous risquons de créer de la peur et de mettre les gens mal à l’aise. Pourtant, il est nécessaire que nous entendions l’avertissement de Jésus, car l’abîme de l’enfer correspond à l’abîme du péché dans nos cœurs.

 

          En 2004, j’ai eu l’occasion de visiter une exposition à Francfort, organisée pour commémorer le quarantième anniversaire du procès d’Auschwitz. L’exposition avait lieu dans la salle du tribunal de l’épo­que. Il y avait là des cabines, chacune présentant la vie d’un des accu­sés, avec des photos et des extraits du procès que l’on pouvait lire ou écouter avec le son original. Mais il y avait autre chose, qui m’a touché au plus profond de moi-même : dans chaque cabine, on pouvait lire un reportage publié par Der Stern, un magazine allemand très populaire, et intitulé : « Les meurtriers étaient des gens comme vous et moi ». Ces hommes avaient été des gens tout à fait ordinaires, de bons pères de famille. « Les meurtriers étaient des gens comme vous et moi » : cha­cun d’entre nous doit s’identifier à cette vérité, sinon nous nous men­tirons à nous-mêmes et nous finirons par vivre et prier comme des hypocrites.

 

          Certains d’entre vous connaissent peut-être Tout pour qu’Il rè­gne, le livre de méditations d’Oswald Chambers. Dans son livre, il souligne que chaque individu est un criminel potentiel, que chacun est capable de tout, même du pire. Si nous sommes bons, ce n’est que par la grâce du Seigneur. Peut-être que nous avons été élevés dans un bon foyer, que nous avons eu une grand-mère qui priait pour nous, ou un professeur qui nous donnait le bon exemple, ou peut-être qu’une personne pleine d’amour est entrée dans notre vie au bon moment ; dans tous les cas, ce n’est jamais parce que nous sommes bons de par notre nature que nous semblons être meilleurs qu’autrui ; ce n’est que par la grâce de notre Seigneur.

 

          Comme le Seigneur ne nous montrera jamais d’un seul coup l’étendue de notre cœur pécheur et empoisonné, nous n’avons aucune raison d’avoir peur. Il sait que nous ne pourrions pas le supporter, car Jésus est le meilleur conseiller spirituel qui soit. Il travaille dans notre cœur par le Saint-Esprit, qui nous donne Sa lumière de manière progressive et qui ne nous fait pas uniquement reconnaître l’état de notre propre cœur, mais aussi l’œuvre de notre merveilleux Sauveur. Ainsi nous ne serons pas livrés au découragement, mais nous ferons plutôt l’expérience d’une vraie joie, d’un vrai amour et d’une vraie reconnaissance. C’est cela, la Bonne Nouvelle. Dans Luc 7.47, Jésus dit : « Celui à qui on pardonne peu aime peu », ou si l’on retourne la phrase : « Celui à qui on pardonne beaucoup aime beaucoup ». Je pourrais en conclure que mon caractère pécheur me procure même un avantage : celui d’aimer Jésus plus que jamais. Car mes échecs m’in­citent à rester en relation étroite avec Jésus. Et cette relation étroite donne naissance à quelque chose de merveilleux : la transformation de mon caractère à Son image, non pas d’un seul coup, mais peu à peu. C’est un chemin facile, un chemin béni, que chacun est capable d’em­prunter. Le seul prix à payer sera de précipiter mon ego de son trône d’orgueil, afin que je puisse m’abandonner dans les bras de Jésus. Ce prix-là n’est vraiment pas trop élevé.

 

          Un des livres les plus connus de Mère Basilea porte le titre Plus jamais le même. Il a été traduit en vingt-sept langues et, récemment, un magazine chrétien russe l’a publié en plusieurs étapes, deux chapitres à la fois. C’est l’introduction de Mère Basilea, au début du livre, qui rend cet ouvrage si important, car elle nous y expose certains principes bibliques fondamentaux sur la manière dont nous pouvons changer. Accepter la vérité sur nous-mêmes, recevoir le pardon de Jésus et mener le combat de la foi, tout cela ancrera dans nos cœurs le plus grand cadeau du ciel : un amour grandissant pour Jésus.

 

          Se connaître d’abord soi-même avant de prier pour les autres, telle est la véritable attitude sacerdotale. C’est seulement en ayant une telle attitude que nous pourrons soutenir spirituellement le peuple d’Israël afin qu’il ne mette plus sa confiance dans les hommes, dans la bonté de la nature humaine, qu’il n’attende plus son secours de la part des hommes, mais qu’il attende son secours uniquement du Seigneur.

 

          Ôtons la pierre d’achoppement de notre mentalité chrétienne idéa­liste ; ôtons la lourde pierre de notre orgueil et de notre propre- justice. Dieu pourra alors se servir de nous comme catalyseurs dans le processus de préparation de Son peuple à l’avènement de son Messie.  

La troisième et dernière grosse pierre à ôter :
notre ignorance des souffrances de notre Seigneur bien-aimé.
 

Quand quelqu’un trouve la foi, il expérimente souvent l’amour débordant de Dieu, beaucoup d’exaucements de prière, la guérison et parfois même des miracles. Et puis, un temps arrive où même les requêtes de prière les plus désespérées semblent rester sans réponse. On ne ressent ni ne goûte plus la présence de Dieu. Il s’éloigne de nous, Il se tait, tout est sombre. Rarement nos églises et nos assemblées nous préparent à traverser de telles épreuves. C’est un vrai problème, car sans y être préparé, on tombe dans le découragement au lieu de tenir ferme dans la première épreuve de la foi. Nombreux sont ceux qui en ressortent déçus et frustrés, qui perdent leur premier amour, leur enthousiasme, même leur foi, et certains pour toujours.

Un jour, j’ai reçu le verset de Matthieu 11.6 comme parole de la part du Seigneur : « Heureux celui pour qui je ne serai pas une occa­sion de chute ! » Cette parole m’a souvent aidée dans des moments où se produisait le contraire de ce que j’avais attendu de la part du Sei­gneur. Mère Basilea, qui a elle-même parcouru les sombres vallées de la foi, nous a laissé une précieuse prière de confiance :

« Mon Père, je ne Te comprends pas,  mais je Te fais confiance. »

 

 Ce qui nous arrive n’est, en général, rien en comparaison de ce que le peuple d’Israël a eu à endurer. Il nous suffit de regarder l’his­toire d’une seule famille juive pour le comprendre. Le pire de tout, c’est que ce qu’ils vivent semble si souvent être le contraire de ce qu’ils savent de l’Ecriture Sainte, à savoir qu’à la fin Dieu sauve et rétablit le juste et punit l’injuste. Mais pendant la Shoah, les croyants juifs qui craignaient Dieu et les incroyants juifs furent massacrés ensemble systématiquement, sans mentionner le million et demi d’en­fants innocents. C’est la raison qui motive cette question que nous avons si souvent entendue : « et Dieu, où était-Il à Auschwitz ? » Peut- être le tsunami du Noël de l’année 2004 a-t-il aidé, au moins certains d’entre nous, à avoir une petite idée de l’épaisseur de telles ténèbres. Il serait en effet superficiel, et même erroné, d’affirmer que dans cette catastrophe naturelle, le Seigneur a protégé tous les croyants.

 Aujourd’hui, Israël se trouve toujours face à ce même conflit. De même que les Allemands auraient pu connaître les projets d’Hitler à l’égard des Juifs, de même, nous aussi, nous pouvons connaître les menaces du Proche-Orient contre les Juifs d’aujourd’hui. Il suffirait de suivre attentivement ce que les médias arabes disent en arabe lorsqu’ils s’adressent à leurs populations au lieu de croire ce qu’ils disent en anglais. Le monde arabe ne veut pas d’état palestinien indépendant, il veut la totalité du territoire du pays d’Israël sans un seul Juif. C’est pourquoi on ne trouve Israël sur aucune des cartes géographiques arabes. Peut-être vous souvenez-vous de cette terrible expression alle­mande : « judenrein » (purifié de toute présence juive). Par ce seul mot la vraie cause du problème est désignée, il s’agit de nouveau d’une question de survie. Bien que nous fassions confiance au Seigneur et croyions qu’Il tiendra Sa promesse et ne permettra plus aux Juifs d’être chassés totalement de leur pays, il n’en demeure pas moins qu’Israël doit traverser sans cesse cette même épreuve de foi.

 Et nous ? Demandons-nous comment nous traversons les épreu­ves qui secouent notre foi. Sinon, nous ne serons jamais capables de nous tenir fidèlement aux côtés d’Israël. La question qui se pose est de savoir comment nous pouvons obtenir l’autorité spirituelle nécessaire pour pouvoir soutenir Israël.

 

          Une des paroles bibliques favorites de Mère Basilea se trouve dans Philippiens 3. L’apôtre Paul y décrit le programme qu’il a pour sa vie. Dans ce passage de Philippiens 3.7-14, un seul désir ardent le pousse : il veut connaître Jésus, il veut Le connaître davantage, il veut Le connaître plus profondément. Le verset clé est le verset 10 : « Mon but est de le connaître, lui, ainsi que la puissance de sa résurrection et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort. » Je suppose que la plupart d’entre nous s’attendrait à ce que le point culminant spirituel soit le désir de connaître la puissance de Sa résurrection. Mais Paul va plus loin que cela, il désire davantage : par­tager les souffrances du Seigneur, même jusque dans la mort. Cela veut dire que la puissance de la résurrection de Jésus rend Paul capable d’avoir part aux souffrances du Seigneur.

 

  La puissance rédemptrice de la résurrection de notre Seigneur nous en rendra capables même en cette heure de l’histoire du monde où nous vivons. Mais ce passage nous révèle aussi le mystère de l’épouse de Christ et de son amour passionné pour Jésus, comme il est écrit dans le Cantique des Cantiques 8,6-7 : « L’amour est fort comme la mort, la jalousie est inflexible comme le séjour des morts ; ses ardeurs sont des ardeurs de feu, une flamme de l’Éternel. Les grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour, et les fleuves ne le submergeraient pas ». C’est cet amour dont nous avons besoin, sinon nous ne serons pas capables de nous tenir aux côtés de Son peuple bien-aimé. Par la puissance de la résurrection de Jésus et de Sa victoire, chacun d’entre nous peut trouver cet amour qui tient ferme dans l’épreuve de la foi, même au mi­lieu de la plus profonde souffrance. Mais comment cela se réalise-t-il dans notre vie quotidienne ? 

  Si, par exemple, nous nous sentons rejetés, si nous ne recevons pas l’amour et la reconnaissance que nous désirons, si nous nous sentons humiliés, si nous recevons des reproches injustes, nous savons alors que nous pouvons trouver notre identité dans les souffrances de notre Seigneur, dans la disgrâce, l’abandon et l’humiliation que Lui- même a subis. Nous trouvons alors la paix et, d’une façon cachée, même la joie, parce que nous sommes unis à Celui que nous aimons, et nous n’avons pas besoin de lutter pour sauvegarder une bonne image. L’épouse appartient à l’Époux et elle Le suit pas à pas. Ce fut le secret de la vie de Mère Basilea qu’elle a décrit dans son autobiographie, La clé du ciel. En faisant beaucoup de tels petits pas, nous sommes préparés par le Seigneur pour des souffrances plus grandes encore qui se termineront peut-être même par la persécution et la mort.

 

Au cours des siècles, Israël, Son peuple, a été l’objet d’indicibles humiliations. La haine et le rejet profonds que les Juifs ont subis nous rappellent ces paroles d’Esaïe 53. Les Juifs étaient « semblables à celui dont on détourne le visage, dont l’aspect n’avait rien pour nous plaire ». Ils ne trouvaient jamais d’explication pour les souffrances qui leur étaient infligées ; elles demeuraient une énigme pour eux que personne ne savait résoudre. Cependant, tout pourrait se résoudre s’ils arrivaient à s’identifier aux souffrances de leur Messie. Mais pour que cela puisse se produire, il faut que nous d’abord, nous nous identifiions à Lui. C’est seulement ainsi que nous pourrions soutenir le processus de naissance le plus bouleversant qui ait jamais eu lieu, la naissance de la plus belle des épouses : Israël.

 

Apocalypse 12.1 nous montre ce que le Seigneur attend de Son épouse dans les temps de la fin. Ce passage décrit comment elle pourra surmonter les souffrances : « Ils l’ont vaincu à cause du sang de l’ag­neau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort. » 

Tout d’abord : «…à cause du sang de l’agneau », c’est la raison pour laquelle on trouve de nombreuses prières et chants dans nos publi­cations qui louent le sang de l’Agneau comme étant la force la plus efficace dans le combat contre les puissances des ténèbres.

 Ensuite, nous lisons : «  … à cause de la parole de leur témoignage ». Ici, il n’est pas question d’un témoignage facile et superficiel. Ce témoignage-là coûte cher, il peut même nous coûter la vie. Nous avons sous les yeux la haine des terroristes qui commettent des actes suicidaires et qui, littéralement, haïssent jusqu’à la mort. Ceux qui aiment Jésus et Le suivent devraient, par contre, aimer jusqu’à la mort. Seul cet amour-là, l’amour qui est prêt à se sacrifier, est digne d’être qualifié d’amour véritablement divin. Dans l’Apocalypse il y a bien des passages où Jésus est décrit et adoré comme l’Agneau immolé, une image qui exprime un amour prêt à se sacrifier.. L’épouse de l’Agneau doit aussi rayonner de cet amour-là, un amour qui est prêt à perdre sa vie.

 

          Je connais ma propre faiblesse et ne pourrai jamais garantir que je tiendrai ferme, que je serai prête. Ma garantie, c’est Jésus dans la puissance victorieuse et inégalée de Sa résurrection, qui s’accomplira dans ma faiblesse (voir 2 Corinthiens 12.9). L’épouse issue des nations n’arrivera jamais à la perfection sans l’épouse issue d’Israël. Israël est le premier-né de Dieu ; l’épouse issue d’Israël est les prémices. Nul d’entre nous ne pourra entrer dans la Cité de Dieu sans Israël, car les noms des douze tribus d’Israël sont écrits sur les portes de la cité céleste. Quand on écoute certains messages de Juifs messianiques qui aiment Jésus, on prend conscience de l’amour passionné de cette épouse. Et nous qui sommes issus des nations, nous avons le privilège de prendre part au processus de préparation de l’épouse issue d’Israël.

          Au début de l’année 2005, un pasteur suédois a appelé les temps que nous vivons « la dernière minute de grâce ». Puissions-nous exploiter cette précieuse dernière minute pour notre Seigneur et pour Jéru­salem afin que toutes les nations voient enfin sa gloire (Esaïe 62.2).

  

Prions :

 

O Seigneur, rends-nous prêts à participer à Ton plan éternel d’amour avec le peuple d’Israël. Rends-nous prêts à prendre part à la commu­nion de Tes souffrances. Rends-nous prêts à communier aux souf­frances de Ton peuple élu et bien-aimé.

Nous Te rendons grâce de ce que Tu as permis à chacun d’entre nous de vivre ces précieux derniers temps de grâce. Nous Te rendons grâce de ce que même le plus faible et le plus petit d’entre nous est capable d’ôter de lourdes pierres. Nous Te rendons grâce de ce que même le plus faible et le plus petit d’entre nous peut aplanir la route pour Ton peuple. Nous Te rendons grâce de ce que nous sommes capables de le faire parce que Tu nous en rends capables.

Nous nous remettons totalement entre Tes mains et nous nous aban­donnons à Ton cœur d’amour, à Toi, notre Seigneur, Toi qui es l’Alpha et l’Oméga de notre foi, l’Agneau de Dieu sur le trône éternel, notre Époux bien-aimé et le Roi du peuple d’Israël.    Amen. 

 

Publication complémentaire:   

La culpabilité de la chrétienté envers le peuple juif, 24 p. © Communauté Evangélique des Sœurs de Marie -B.P. 13 01 29, D-64241 Darmstadt, RFA

 

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