Onésime

 

Une rubrique régulière est apparue récemment dans les colonnes de la revue YERUSHALAIM, sous le titre de « Le billet d’Onésime »

 

Ces « billets »., concis, percutants, souvent savoureux, évoquent des attitudes ou réflexions de notre actualité pour en mettre en lumière certaines habitudes ou sentiments pas toujours bien « chrétiens » …

 

Mais, direz-vous, qui est Onésime ? C’était un esclave qui, s’étant enfui de chez son maître, trouva refuge chez l’apôtre. Ayant trouvé la foi, il accepta de retourner chez son maître, porteur d’un message de la part de l’apôtre. (voir dans le Nouveau Testament l’épître de ce dernier à Philémon).

 

Mais, insisterez-vous, qui est en réalité Onésime, l’auteur de ces « billets » ? L'auteur principal a voulu rester anonyme, restant par là dans la vocation de simple porteur de message. Les autres auteurs ont fait de même: n’est-ce pas le message qui est important plus que son signataire ?

 

 

 

 

Le billet d’Onésime

(Yerushalaim n°37)

  

Je ne sais pas si vous aimez Rembrandt. Moi, je le porte aux nues.

Si j’ai à commenter les Ecritures, je feuillette les livres pour voir s’il a illustré le passage dont je m’occupe. C’est fou comme il sait en faire comprendre le message.

Mais j’avoue qu’il y a quelque chose qui me dérange dans le tableau bien connu du fils prodigue, au Musée de Saint-Pétersbourg.

Ou, plus exactement, c’est le regard qu’on porte trop souvent sur ce tableau qui me chagrine. Oui, le père rayonne, le fils s’est jeté à genoux, d’un mouvement si soudain que son pied gauche en a perdu sa sandale éculée. C’est très beau.

Mais voilà : nous immobilisons le père et le fils dans leurs retrouvailles. Nous faisons comme si cette scène spontanée devait durer des heures. Comme si le garçon sur ses rotules allait rester ainsi pendant on ne sait combien de temps.

On fige tout. On fige la repentance, c’est-à-dire qu’on la défigure. Vous vous voyez , vous, pétrifié en train de tendre la main à quelqu’un et obligé de rester là pendant deux heures ?

On en oublie la fête que le père va ordonner, la joie de tous, la bague, les belles sandales.

Nous avons perdu le savoir évangélique d’une repentance qui mène à la joie. Rembrandt n’a pas prévu notre incompréhension, et que nous transformions la repentance du fils en arrêt final sur image du type agenouillé, qu’on statufie dans l’auto-accusation.

On oublie que le père brûle de relever son fils, de l’habiller de vêtements à la mode, de faire venir un orchestre attractif pour que l’environnement entende les décibels du pardon.

 

                                                                               Onésime

 

 

 

 Voir aussi:  les autres billets "Onésime"

 

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